Les champs de bataille en profondeur avec

George Palmer

servi avec

1er bataillon

grade

Soldat

promu a caporal suppléant en 1918

Âge au engagement : 39

Lieu de naissance : Wolverhampton, Staffordshire, Angleterre

Emploi précédent : Électricien

Journal intime couvre : Avril 1917

[Photographie] “Private George Palmer”, 1916-1919, Collections CCGG

Le soldat George Palmer présente son journal intime comme si c’était une saga épique. Toujours un nouveau venu sur le front de l’Ouest en avril 1917, il tenait des idées fausses à propos du combat qui prévalait au front intérieur. Dans son bref récit nous trouvons une vue plus intime de la bataille de la Crête de Vimy.

[Journal intime] ‘Lance Corporal George Palmer’, 1916, Collections CCGG

« Pour la patrie. Por le roi et le pays. Souvenez-vous de votre femme et de vos enfants... J'ai porté ce livre durant la grande bataille pour la Crête de Vimy. S'il vous plait, gardez le [comme souvenir]. »

Le soldat George Palmer était un électricien de 39 ans quand il fut enrôlé le 3 janvier 1916. Il a laissé derrière lui sa femme et ses cinq enfants, deux fils et trois filles, à qui il a dédié son journal intime.

Palmer est notamment plus ancien que la plupart des soldats qui ont servi dans le Corps expéditionnaire canadien (C. E. C.). Alors que le nombre de bénévoles cherchant à rejoindre le C. E. C. diminuait au cours de la guerre, les normes de recrutement sont devenues de plus en plus souples.

[Carte] Maps based on ‘The Battle of Vimy Ridge: April 9 to 12, 1917.’ in Cook, Tim. Shock Troops: Canadians Fighting the Great War, 1917-1918, (Penguin Canada: Toronto, 2008), 95. Reproduit avec la permission de l’auteur, modifié à partir de l’original.

Vimy

Une bataille « facile » ?

À Vimy, le soldat George Palmer a combattu avec le 1er bataillon dans une section de la bataille qui est souvent décrit comme « facile » par les historiens. En examinant son journal intime nous obtenons un aperçu des épreuves qui faisaient face aux soldats même quand une bataille était « facile. » Nous apprenons ainsi que le récit d’un événement change selon la perspective que nous prenons. Quand vous étudiez le passé, c’est très important d’adopter autant de points de vue que possible et les comparer et contraster pour bâtir une compréhension plus complète.

L’artillerie était essentielle au succès canadien à Vimy et est souvent au coeur des récits sur la bataille. Les canons canadiens et britanniques ont détruit l’artillerie allemande et ont bombardé leurs fortifications avant la bataille. Au début de l’attaque, l’artillerie a commencé un barrage roulant: les tirs d’artillerie avançaient graduellement pour supprimer les positions allemandes et les soldats canadiens, qui suivaient le bombardement de près, avançaient dans une sécurité relative.

Malheureusement, nous n’avons pas le récit de Palmer à propos de l’avance initiale car la première page de son journal intime, qui en aurait discuté, est déchirée. Cependant, un extrait de son journal intime le 11 avril — deux jours après le début de l’offensive — parle des épreuves qu’il avait endurées jusque-là.

Après avoir capturé leur objectif et retranché pour le défendre, Palmer a écrit que lui et sa section (un synonyme pour une escouade utilisée dans l’armée britannique) ont été « lourdement bombardés » et que leurs tranchées « étaient pulvérisées ». Palmer a aussi écrit que sa section, qui a commencé la bataille avec douze hommes, n’en avait plus que quatre.

[Journal intime] ‘Private George Palmer’s Diary’ 11 avril 1917, Collections CCGG

La route est longue jusqu'à l'Angleterre

L'évacuation des blessés

En prévision des nombreux blessés qui s’ensuivirent une bataille, un réseau médical complexe serait établi derrière le front avant une offensive. Une fois arrivé à ce réseau, un soldat blessé avait de bonnes chances de survivre toutes les blessures sauf les plus graves. Cependant, s’y rendre n’était pas une tâche simple.

Le terrain fortement cratérisé et souvent boueux ralentissait ce processus — c’était souvent difficile de se déplacer, encore plus de porter le poids supplémentaire d’un soldat blessé et ses équipements. De plus, et malgré les efforts de préparation qui étaient pris avant les batailles, les brancardiers ne pouvaient jamais suivre le nombre d’hommes qui avaient besoin d’aide. Nombreux blessés, les « blessés ambulants », on dû faire leur chemin vers l’arrière seuls ou, s’ils étaient chanceux, avec l’aide d’un prisonnier de guerre ou d’un autre soldat. Après avoir reçu une blessure à son genou quand un obus a éclaté, Palmer a fait son chemin vers l’arrière sans assistance.

[Photographie] ‘Collecting the wounded at a light railway on the battlefield of Vimy Ridge ‘[Seton label] , avril 1917, Collections CCGG

En raison de ressources limitées, le personnel médical pratiqué le tri: ils détermineraient qui parmi les blessés survivrait avec une aide immédiate, lesquels pourraient attendre plus longtemps et lesquels ne pourraient pas être sauvés et agissaient en conséquence.

La blessure de Palmer, sans doute douloureux, n’a pas été assez sévère pour justifier une intervention immédiate. Selon son journal intime, il s’est rendu à la poste principale de secours où ses « blessures ont été pansées et [il a] eu quelque chose à manger » pendant qu’il attendait une ambulance pour lui transporter à une poste d’évacuation sanitaire située plusieurs kilomètres vers l’arrière. C’est à la poste d’évacuation sanitaire où Palmer aurait été opéré. Selon son journal, le jour qu’il est arrivé (le 13 avril), était « la première fois depuis le 9 avril » qu’il avait une occasion de se reposer.

Tandis que sa blessure guérirait, sa convalescence a été estimé à quelques mois et donc Palmer était évacué à un hôpital en Angleterre. Ce genre de blessure, qui laisserait peu ou pas de dommages permanents mais qui obligée néanmoins leur évacuation vers l’Angleterre, était appelée une « bonne blessure » par les soldats. Nombreux soldats, désirant de temps loin du front, espérait recevoir une telle blessure.

[Journal intime] ‘Private George Palmer’s Diary’ 13 avril 1917, Collections CCGG

D'un ennemi à un prisonnier

[Photographie] “Arras-Cambrai Road near Vis-en-Artois / What a German shell did on night / Sept. 1-2, 1918” (Proctor Title), Collections CCGG 2020.02.1-25

Les prisonniers de guerre allemand qui aide un blessé canadien.

« Pendant que je marchais [vers un poste médical] j'ai vu des centaines de prisonniers ennemis qui avancaient [vers l'arrière]. Ils étaient une bande assez lamentable, mais je ne pouvais que rire d'eux[.] [Si] j'étais à moiti mort, j'étais si content que nous les avions repoussés. »

Une transition délicate

Pour devenir un prisonnier de guerre il fallait surmonter nombreux obstacles. Premièrement, il fallait survire les bombardements et l’avance canadienne.

Deuxièment, les prisonniers aspirants fallaient se rendre à un soldat canadien. Des batailles laissaient les soldats nerveux, fatigués et souvent pleins de ressentiment envers leurs ennemis et donc le résultat de cette rencontre souvent dépendaient du bon vouloir du premier soldat qu’ils croisaient.

Les prisonniers pourraient améliorer leurs chances en prouvant leur utilité. Les allemands capturés aidaient souvent avec l’évacuation des blessés alliés, par exemple.

[Photographie] “German Prisoners carrying back Canadian wounded” [ASE label], octobre 1918, Collection CCGG 2016.3.1.1-204

Des « blessés ambulants » canadiens marchent aux côtés des prisonniers allemands agissants comme brancardiers durant l’avance à l’est d’Arras en octobre 1918.

 

Le parcours de Palmer durant la guerre

Palmer passerait trois mois à guérir en Angleterre à l’hôpital Lord Derby avant de retourner au front.

Il a continué à servir pour la durée de la guerre, recevant une blessure légère au pied en 1918. En juin de la même année, il fut promu à Caporal suppléant. En 1919, il est retourné à sa femme et ses enfants en Iona Station en Ontario. Heureusement, la cicatrice sur son genou, de la blessure qu’il a reçue à Vimy, était le seul dommage permanent provenant de son service en Europe.

[Photographie] Obusier naval tirant sur la crête de Vimy derrière les lignes canadiennes, 1917, Canada. Ministère de la défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada, ECOPY NUMBER a001879.